Quelques jours après la diffusion du documentaire "Sans boulot : tous fraudeurs ?" de Christophe Deborsu sur RTL-TVI, le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA) annonce l'ouverture d'une instruction.

Plus de 400 plaintes de téléspectateurs ont été enregistrées, un chiffre rarissime dans l'histoire de la régulation audiovisuelle belge. Ces plaintes visent "tant des infractions au décret SMA-SPV que des dispositions du Code de déontologie journalistique".

Les Griefs Juridiques

Motifs invoqués dans les plaintes :

  • Violation de l'équilibre et de la neutralité — Présentation unilatérale des bénéficiaires d'aides sociales comme fraudeurs
  • Atteinte à la dignité humaine — Mise en scène dégradante de personnes en situation de précarité
  • Incitation à la discrimination — Stigmatisation basée sur la condition et l'origine sociale
  • Manipulation de témoignages — Propos tronqués et sortis de leur contexte
  • Défaut de rigueur journalistique — Absence de contextualisation et de contradictoire

Le Cadre Légal

Décret SMA-SPV (Services de Médias Audiovisuels)

Le décret coordonné sur les services de médias audiovisuels impose aux éditeurs de respecter la dignité humaine et de ne pas diffuser de contenus susceptibles d'inciter à la discrimination fondée notamment sur l'origine sociale ou la fortune.

Code de Déontologie Journalistique

Le Conseil de Déontologie Journalistique (CDJ) établit des principes que les journalistes belges s'engagent à respecter, notamment l'exactitude de l'information, le respect des personnes et la loyauté dans la collecte de l'information.

"Les plaintes dénoncent notamment la violation de l'équilibre et de la neutralité, l'atteinte à la dignité humaine et l'incitation à la discrimination des personnes en raison de leur condition et origine sociale." — Communiqué officiel du CSA, 12 novembre 2025

Procédure en Cours

L'instruction ouverte par le CSA suivra plusieurs étapes :

Le secrétariat d'instruction analyse les plaintes et le contenu incriminé. RTL Belgium sera invitée à présenter ses observations.

Le Collège d'autorisation et de contrôle rendra ensuite une décision qui peut aller de la mise en garde à des sanctions financières, voire au retrait d'autorisation dans les cas les plus graves.

Réaction de RTL Belgium

Contactée par plusieurs médias, RTL Belgium a refusé de commenter la polémique. Christophe Deborsu s'est contenté d'un message sur les réseaux sociaux au lendemain de la diffusion : "Un reporter rapporte mais ne juge pas."

Cette défense minimaliste n'a pas convaincu les critiques, qui pointent précisément le choix éditorial de ne montrer que des "cas extrêmes" et la narration orientée qui accompagne les images.