Derrière les reportages chocs et les polémiques, découvrez comment notre système de protection sociale se transforme silencieusement en une machine de surveillance qui nous concerne tous.
"Je pensais que ça n'arrivait qu'aux autres. Jusqu'à ce qu'un algorithme bloque mes droits pour une erreur de date."
— Sarah, infirmière, 34 ans
Nous avons tous l'image du "tricheur" véhiculée par la télévision : quelqu'un qui profite sciemment du système. Mais la réalité est bien différente.
Aujourd'hui, l'automatisation des contrôles (via des algorithmes) traite une erreur administrative de bonne foi comme une fraude intentionnelle. Que vous soyez chômeur, indépendant, malade ou étudiant, la moindre anomalie dans vos données peut déclencher une suspension de vos droits.
Le débat public se focalise sur la fraude sociale des particuliers. Mais que pèse-t-elle réellement face aux enjeux financiers globaux ?
Estimée (Allocations, Chômage...)
Source: Rapports ONSS / Cour des Comptes
Estimée (Évasion, TVA, Sociétés...)
Source: Estimations Fiscales / OCDE
Pourquoi un documentaire de 60 minutes sur les 200 millions, et le silence sur les 30 milliards ?
En focalisant l'attention sur les plus précaires, on crée un sentiment d'injustice chez les travailleurs, tout en épargnant les mécanismes structurels qui coûtent 150 fois plus cher à la collectivité.
Répondez à 3 questions simples pour voir si l'intelligence artificielle de l'administration vous considère comme un risque.
Pour un algorithme, la complexité de votre vie ressemble à une anomalie. Votre score de risque: ÉLEVÉ.
Les systèmes actuels (comme SyRI aux Pays-Bas ou les datamining de la sécurité sociale) ne cherchent pas des preuves, mais des corrélations. Avoir une vie complexe (intérim, déménagement) vous rend suspect par défaut.
Lorsque nous acceptons que les plus précaires soient surveillés en permanence sous prétexte de "lutte contre la fraude", nous validons des technologies qui s'appliqueront demain à tous les citoyens.
C'est ce qu'on appelle la "Dystopie Numérique" (terme de l'ONU) : un monde où l'erreur n'est plus humaine, mais systémique, et où il devient impossible de prouver sa bonne foi face à une machine.
Vous devez prouver que vous ne fraudez pas, plutôt que l'État ne prouve que vous fraudez.
Une case mal cochée peut entraîner des mois de procédure pour récupérer vos droits.
En opposant ceux qui travaillent à ceux qui ne travaillent pas, on oublie que le chômage est une assurance, pas une charité.