Il ne bouge pas. Il ne parle pas. Son activité cérébrale est à peine perceptible — comme celle des 526.000 malades longue durée que le gouvernement Arizona a décidé de « réactiver ».
Mais les moniteurs s'affolent. Le scanner crâne montre un emballement. Car depuis son lit de soins intensifs, le Bénéficiaire de l'Intervention Majorée est en train d'activer quelque chose de terrible.
Pas une cathédrale. Pas un avion de ligne. Pas une centrale nucléaire.
Quelque chose de bien pire.
La chaîne entière.
« Il faut aller plus loin en ce qui concerne les faux malades. Il y a des gens vraiment malades, qu'on doit aider, mais il y a des gens qui ne le sont pas. »
« On crée un droit à être réintégré dans la société. On se sent mieux quand on peut travailler. Mais ceux et celles qui ne peuvent pas encore... »
Bip. Bip. Bip. Bip-bip-bip-bip-bip—
A C T I V A T I O N
Dans le film original, Morlar écrit « Windscale » — la centrale nucléaire.
Dans le remake belge, le patient BIM écrit « Activation » — parce que c'est le mot
que le gouvernement utilise pour désigner la menace.
La blague, c'est que le mot est le même dans les deux sens.
Le gouvernement active les malades.
Les malades activent le gouvernement.
Et personne ne peut débrancher personne
parce que le respirateur, c'est la sécurité sociale,
et sans elle tout le monde meurt.