Soyons honnêtes dès la première ligne.
Nous sommes un collectif citoyen minuscule. Un projet de veille démocratique qui tourne à 29 €/mois, porté à bout de bras par des bénévoles. On n'a ni bureau, ni permanents, ni réseau constitué. On fonctionne en vase clos depuis trop longtemps et on le sait.
On a monté un dossier béton sur l'affaire RTL–Deborsu « Tous Fraudeurs ». On a les faits, les chiffres, les bases juridiques, les comparaisons internationales. On a rédigé un ultimatum citoyen sourcé et argumenté.
Mais un ultimatum signé par un seul collectif inconnu, ça finit à la poubelle.
50 associations cosignataires, c'est autre chose. C'est une voix qu'on ne peut pas ignorer. C'est pour ça qu'on vous écrit.
Le 7 novembre 2025, RTL-TVI diffuse « Sans boulot : tous fraudeurs ? » dans la série « Je vous dérange ». 45 minutes de Christophe Deborsu filmant des allocataires sociaux à Verviers, rue de Dison — « la rue la plus pauvre de Belgique ». 410.860 téléspectateurs (39,1 % de part de marché).
Le montage est à charge. Gaëlle Denys, présidente du CPAS de Verviers, témoigne qu'elle a été interviewée plus d'une heure pour 30 secondes au montage final — un ratio de 120:1. Laetitia, mise en scène comme « profiteuse », déclare au HBvL : « L'image qu'ils ont donnée de moi est fausse. »
Deborsu affirme que l'IWEPS est sa source pour des statistiques sur les allocations wallonnes. L'IWEPS dément avoir jamais produit ces chiffres.
100+ plaintes déposées au CSA — record pour un programme en Belgique francophone. Le CSA a ouvert une enquête pour violation potentielle de l'article 2.4-1 du décret SMA (incitation à la discrimination basée sur la condition sociale). Le dossier a été transmis au CDJ.
La recherche académique est sans ambiguïté : ce type de « poverty porn » cause une augmentation de 19 % des symptômes dépressifs chez les publics stigmatisés (Pak, 2020), un non-recours massif aux droits (20-50 % des éligibles n'osent plus demander l'aide à laquelle ils ont droit), et une légitimation durable des politiques d'austérité (Rose & Baumgartner, 2013 : le cadrage médiatique est corrélé à la générosité des politiques sociales pendant 50 ans).
Le précédent britannique « Benefits Street » (Channel 4, 2014) : 5 ans après sa diffusion, le public citait encore ce programme comme « preuve » d'une culture de dépendance aux allocations (Joseph Rowntree Foundation).
Ce documentaire est diffusé au moment exact où la coalition Arizona vote la limitation du chômage à 24 mois (184.463 personnes exclues d'ici 2027) et où la FWB impose un moratoire gelant l'Éducation Permanente — le secteur qui accompagne ces publics.
Ce n'est pas un hasard de calendrier. C'est un écosystème de stigmatisation : le politique exclut, le média légitime l'exclusion, et le secteur associatif qui pourrait contester est démantelé.
Délai : réponse écrite exigée avant le 1er avril 2026. En l'absence de réponse, l'ultimatum et la liste complète des cosignataires seront transmis au CSA, au CDJ, à Unia, au Bureau du Rapporteur spécial de l'ONU, et à la presse nationale et internationale.
Un citoyen isolé qui envoie un ultimatum à une chaîne de télévision, c'est un mail qu'on supprime.
50 associations cosignataires — avec leurs logos, leurs noms, leur légitimité de terrain —, c'est un front qu'on ne peut pas balayer d'un revers de main. C'est un communiqué de presse. C'est une actualité. C'est une pression réelle.
On fixe le seuil à 50 parce qu'en dessous, l'impact médiatique est insuffisant et l'effort de coordination n'en vaut pas la peine. On ne veut pas lancer une pétition qui fait pschitt. On préfère ne rien lancer du tout plutôt que de lancer quelque chose de faible.
Si on n'atteint pas 50, on publie le dossier en open source, on le met à disposition de quiconque veut le porter, et on passe à autre chose. On n'a pas d'ego à défendre — on a un combat à mener.
Ce qu'on a : Un dossier complet (faits, droit, sources académiques, comparaisons internationales). Une infrastructure numérique autonome (10 plateformes, zéro dépendance). Une capacité d'analyse et de production documentaire. Du temps. De la motivation. De la colère utile.
Ce qu'on n'a pas : Un réseau. Des contacts dans les rédactions. Une légitimité institutionnelle. De l'argent. Des permanents. De l'expérience en campagne de plaidoyer. Des alliés identifiés.
Ce qu'on sait : Que fonctionner en vase clos, c'est la mort d'un projet citoyen. Que l'intelligence, même bien documentée, ne sert à rien si elle ne se connecte pas au tissu associatif qui, lui, a la légitimité de terrain. Que cette page est un aveu autant qu'un appel.
Ce qu'on vous demande : Pas de l'argent. Pas du temps. Juste votre nom sur un document. Et si vous voulez aller plus loin, on est preneurs de conseils, de contacts, de retours critiques — y compris ceux qui diraient « votre approche est mauvaise, voici comment faire mieux ».
Toute association, collectif ou organisation qui se reconnaît dans au moins un de ces combats :
RWLP, ATD Quart Monde, associations Article 27, relais sociaux, CPAS et leurs fédérations, Vivre Ensemble, Forum Bruxellois de Lutte contre la Pauvreté...
Toutes les 270 ASBL reconnues EP qui subissent le moratoire et savent ce que c'est que la stigmatisation des publics qu'elles accompagnent.
Ligue des droits humains, Amnesty, Unia (en soutien), associations de défense des droits des chômeurs, des malades, des sans-abri.
Média Animation, Action Médias Jeunes, CSEM, chercheurs en communication, observatoires du journalisme, AJP.
FGTB, CSC, CGSLB — sections régionales, centrales culturelles, organisations de jeunesse liées aux syndicats.
Centres de recherche en communication, en politique sociale, en droit des médias — USaint-Louis, UCLouvain, ULB, ULiège, UMons.
Solidaris, MC, Mutualité Libre — la stigmatisation des malades longue durée est au cœur de cette affaire.
Tout collectif citoyen, même informel, qui partage le constat : quand un média puissant ment sur les pauvres, il faut que quelqu'un dise stop.
Engagement simple : votre nom apparaît sur l'ultimatum envoyé à RTL.
Pas de cotisation. Pas d'adhésion. Pas de comité. Juste une signature.
« Un documentaire de 45 minutes coûte entre 120.000 et 200.000 euros à produire. Vérifier les faits aurait coûté 2.200 euros de plus — le salaire mensuel d'un fact-checker. RTL a choisi de ne pas payer ces 2.200 euros. Le résultat stigmatise 526.000 personnes. »
Si votre association travaille avec des publics précarisés, vous savez exactement de quoi on parle.
Si vous savez et que vous ne signez pas, on comprend — chacun ses combats, chacun ses contraintes. Mais si vous ne signez pas simplement parce que vous ne connaissiez pas cette initiative, alors cette page aura servi à quelque chose.